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Clés de l’escalade de la violence en Équateur

Les actes de violence ont débuté en début de semaine dans des prisons de tout le pays, lorsque des soldats ont fait irruption dans un complexe pénitentiaire après la disparition d'Adolfo Macías, leader de la bande criminelle Los Choneros, de sa cellule.

Etiquettes : Equateur, Macías Fito, crime organisé, trafic de drogue,

La crise actuelle en Équateur a été déclenchée par la disparition de deux leaders de bandes criminelles. Cet événement a conduit à des émeutes massives en prison, à des enlèvements de policiers et même à la prise d’une chaîne de télévision en direct.

Les actes de violence ont commencé dans différentes prisons d’Équateur.

L’Équateur tente de se remettre d’une récente vague de violence qui a poussé le gouvernement à lancer une offensive militaire contre les bandes criminelles opérant dans le pays.

Les actes de violence ont débuté en début de semaine dans des prisons de tout le pays, lorsque des soldats ont fait irruption dans un complexe pénitentiaire après la disparition d’Adolfo Macías, leader de la bande criminelle Los Choneros, de sa cellule.

Les détenus ont pris des gardiens de prison en otage, et des dizaines de détenus se sont échappés, y compris un autre leader criminel éminent. La violence s’est rapidement étendue aux villes et villages, où les bandes de drogue opèrent sans contrôle.

La gravité de ces événements a poussé le président Daniel Noboa à déclarer un « conflit armé interne », confiant à l’armée la tâche de « neutraliser » les deux douzaines de gangs désignés maintenant comme « organisations terroristes ».

COMMENT LES AUTORITÉS ONT-ELLES RÉAGI ?

Face à cette spirale de violence, les autorités, dirigées par Noboa, ont réagi avec fermeté. Un état d’urgence de 60 jours a été déclaré, mobilisant l’armée et désignant 22 bandes de trafiquants de drogue comme des groupes terroristes.

Parmi eux, on trouve Los Choneros et Los Lobos, dont les leaders se sont récemment évadés de prison. Ces mesures radicales reflètent la gravité avec laquelle le gouvernement fait face au défi posé par le crime organisé et le trafic de drogue.

L’augmentation du pouvoir du trafic de drogue en Équateur est alarmante. Au cours des deux dernières années, le pays a été dominé par une industrie de trafic de drogue de plus en plus puissante, avec la collaboration de cartels internationaux avec des bandes locales. Cela a déclenché une vague de violence sans précédent dans l’histoire récente du pays, faisant monter les taux d’homicides à des niveaux records. La situation a atteint le point de défier ouvertement le président Noboa, le crime organisé déclarant la guerre au gouvernement.

QUELLE EST LA SITUATION DE LA SÉCURITÉ EN ÉQUATEUR ?

L’Équateur traverse un moment critique. Le pays est en proie à un conflit qui va au-delà du domaine du crime organisé, touchant des aspects politiques, sociaux et économiques.

Pendant deux ans, le pays de près de 18 millions d’habitants a été dominé par une industrie de trafic de drogue de plus en plus puissante. Des cartels internationaux de drogue originaires de pays aussi éloignés que l’Albanie se sont associés à des bandes locales des prisons et des rues, déclenchant une vague de violence sans précédent dans l’histoire récente du pays.

Ce n’est pas en vain que le taux d’homicides pour 100 000 habitants a augmenté de plus de 300 %. En 2023, il a atteint son record historique d’homicides avec 7 878, dont seuls 584 ont été résolus.

Cette augmentation reflète non seulement l’intensification de la violence dans les rues, mais aussi un changement profond dans le paysage du crime organisé et son impact sur la société équatorienne.

Cette escalade de violence a coûté la vie à plusieurs politiciens et candidats de haut niveau. La manifestation la plus récente et alarmante de la domination des bandes criminelles en Équateur a été mise en évidence par l’assassinat du candidat présidentiel indépendant Fernando Villavicencio. Connu pour sa position ferme contre la corruption et le crime organisé, Villavicencio a tragiquement été assassiné en public lors de sa campagne électorale en août dernier.

De plus, depuis 2021, les prisons équatoriennes sont devenues des scènes de confrontations mortelles entre des bandes rivales, avec plus de 400 décès signalés. Ces incidents soulignent la gravité de la situation dans le système pénitentiaire, qui semble être sous le contrôle des mêmes organisations criminelles que le gouvernement cherche à combattre. Les prisons, loin d’être des espaces de réhabilitation, se sont transformées en champs de bataille où des guerres pour le contrôle et le pouvoir sont menées entre différentes factions criminelles.

LE PROBLÈME DU TRAFIC DE DROGUE

La drogue est également un élément important de ce puzzle. En effet, après l’accord de paix en Colombie et la démobilisation des FARC, l’Équateur a gagné en importance sur le marché international de la drogue.

La désintégration des FARC a conduit à une fragmentation des chaînes de production et de distribution de la cocaïne, impliquant des groupes mafieux équatoriens dans le commerce. Ces groupes opèrent particulièrement à la frontière avec l’Équateur, dans les départements colombiens de Nariño et de Putumayo, où ils forment des alliances avec des cartels mexicains et des organisations européennes, principalement des Balkans occidentaux.

Cette convergence d’organisations criminelles de différents pays a créé une situation de lutte territoriale et une augmentation de la violence en Équateur.

Se distinguent dans ce paysage deux cartels mexicains : le Cartel de Sinaloa, dont on estime qu’il a commencé ses opérations en Équateur vers 2003 en envoyant des émissaires et en maintenant un profil bas, et le Cartel Jalisco Nueva Generación (CJNG).

DÉFIS FUTURS

Ainsi, les mesures prises par Noboa, bien qu’elles soient nécessaires, posent des défis significatifs. D’une part, il est nécessaire de contrôler la violence et le désordre. D’autre part, il est fondamental de garantir que les réponses ne portent pas atteinte aux droits de l’homme ou ne conduisent pas à un état autoritaire.

La coopération internationale et une stratégie intégrale, englobant la réforme du système judiciaire et pénitentiaire jusqu’au renforcement des institutions démocratiques, seront cruciales pour résoudre cette crise. De plus, le gouvernement doit veiller à ne pas tomber dans le piège de mesures punitives à court terme qui n’adressent pas les causes profondes du problème.

En résumé, le taux alarmant d’homicides et les morts en prison en Équateur sont des symptômes d’une crise plus profonde qui nécessite une solution intégrale et soutenue, allant au-delà des réponses militaires et punitives, et abordant les racines structurelles et sociales de ce problème. »

National Geographic

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