Bataille pour le siège de l’Agence africaine du médicament

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Les trois pays ont présenté leur candidature dans une bataille acharnée. La question de l’attribution du siège permanent de l’Agence africaine du médicament devrait être tranchée lors du prochain sommet de l’Union africaine, prévu début 2023.

L’Agence Africaine du Médicament (AMA) prend forme. Une idée de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et de l’Union africaine (UA) en 2009, qui s’est finalement structurée en novembre dernier. Le nouvel organisme aura pour objectif de réglementer le secteur pharmaceutique sur le continent afin de fournir des ressources à toute l’Afrique et d’exporter ses produits.

Désormais, avec l’officialisation de l’entité, le débat fait rage sur la localisation de son siège. Plusieurs pays ont demandé à accueillir l’organisme qui supervisera l’ensemble de l’organisation pharmaceutique sur le continent. Le Maroc, l’Algérie et la Tunisie sont les principaux prétendants. Les trois pays ont déjà officiellement soumis leurs candidatures à l’UA et à l’OMS.

Une opportunité pour le Maroc

Pour le Maroc, ce serait une opportunité de s’implanter davantage sur un marché porteur, l’industrie pharmaceutique marocaine étant l’une des plus importantes d’Afrique. En 2019, le pays a réalisé un chiffre d’affaires de 16 milliards de dirhams et en est venu à produire plus de 400 millions d’unités, devenant l’un des principaux exportateurs, avec une production comprise entre 11 et 12%.

Le ministre marocain des Affaires étrangères, Nasser Bourita, a saisi l’occasion de la présentation du rapport d’étape relatif à la ratification du traité instituant l’AMA, lors de la 40ème session ordinaire du Conseil exécutif de l’Union africaine, tenue le 3 février à Addis-Abeba. , Éthiopie, pour déclarer que le royaume était « disposé à accueillir le siège de l’AMA et à développer des projets de partenariat Sud-Sud avec les CDC-Afrique (Centres africains de contrôle et de prévention des maladies) ».

Dans ce sillage, le Maroc a ratifié, le 5 avril au siège de l’UA à Addis-Abeba, le traité instituant l’AMA. «En tant que membre de l’Union africaine et leader régional de l’industrie pharmaceutique, notamment en termes d’infrastructures, de technologie et d’expérience acquise au fil des années, le Maroc reste très attaché à la haute qualité des médicaments et est conscient que la santé et la sécurité des Les citoyens africains dépendent de médicaments de qualité et de médicaments efficaces », a souligné Mohamed Arrouchi, ambassadeur et représentant permanent du pays auprès de l’Union africaine et de la CEA-ONU (Commission économique pour l’Afrique).

Bataille fratricide

Le Premier ministre algérien a également reçu Michel Sidibé, l’envoyé spécial de l’Union africaine auprès de l’AMA, et a proposé sa candidature. Un rapport détaillé a été envoyé par le ministre de l’Industrie pharmaceutique, Abderrahmane Djamel Lotfi Benbahmed, dans lequel il a souligné les avantages du pays et la valeur ajoutée que représenterait l’installation du siège en Algérie.

Côté tunisien, le président Kaïs Saïed a commenté la candidature de son pays, rappelant que la Tunisie dispose d’atouts non négligeables pour accueillir l’AMA. Le ministre tunisien de la Santé, Ali Maret, a par la suite envoyé un document présentant officiellement sa participation.

Pour rappel, les pays du Maghreb ne sont pas les seuls en lice. L’Ouganda et le Sénégal sont également dans la course. L’AMA doit permettre au continent d’atteindre l’autosuffisance en médicaments.

The Maghreb Times, 25 mai 2022

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