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L'Algérie cessera d'exporter du gaz vers l'Espagne via le Maroc

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Exportations du gaz vers l’Espagne : «L’Algérie ne souffre aucune contrainte» assurent les experts
En matière d’exportations de gaz, selon les experts, l’Algérie place les intérêts de ses clients au-dessus de toute autre considération. Elle est en mesure de respecter tous ses engagements.
La rupture diplomatique avec le Maroc n’altérera en rien, selon l’expert des questions internationales en énergie, Mourad Preure, les engagements pris par notre pays envers ses clients européens dans leur approvisionnement en gaz.
Lors de son passage, jeudi dernier sur les ondes de la Chaîne III, il a assuré que les «mensonges» du Makhzen à propos du contrat gazoduc Maghreb-Europe ont pour but de disqualifier le groupe Sonatrach au niveau international. «Le Maroc s’est conduit d’une façon perverse en proférant ces mensonges et à travers lesquels il sous-entend que Sonatrach ne respecte pas ses engagements envers ses clients», révèle-t-il.
Pour lui, si le Makhzen a agi ainsi, et dans la précipitation, c’est aussi par crainte de perdre le profit tiré du gazoduc MaghrebEurope. Rappelant que ce gazoduc transite par le Maroc sur 500 km, il signale que ce pays tire un profit énorme de cette canalisation. «Le Maroc craint que l’Algérie, après la rupture diplomatique, ne renouvèle pas le contrat gazoduc Maghreb-Europe qui prend fin le 31 octobre», explique-t-il.
Le Maroc, selon lui, est un pays comme un autre d’un point de vue commercial. Il aurait pu négocier avec l’Algérie tout simplement même si leurs relations diplomatiques sont rompues. La preuve, affirme-t-il, c’est Sonatrach, contrôlant 51% du gazoduc, qui décidera du sort du contrat.
UN CONTRAT ENTRE ALGER ET MADRID
Sonatrach, rapporte-t-il, est un opérateur commercial et c’est d’une façon purement commerciale qu’il traite ses clients et ses partenaires.
«Le Maroc a sous-estimé les capacités des marges de manœuvre de l’Algérie dans le transport du gaz naturel. Nos clients savent que l’Algérie est une source fiable en matière de gaz et même s’il y a déclin dans les investissements, il n’y a pas de déclin structurel. Même durant le terrorisme, il n’y a jamais eu de rupture d’approvisionnement vers l’Espagne», signale-t-il.
L’expert affirme que notre pays, tirant les leçons nécessaires des expériences des autres où les pays transitaires de gazoduc exerçaient tous sortes de chantages, a pris les devants en réalisant une ligne directe vers l’Espagne de 110 km, Medgaz, reliant la ville de Beni-Saf à Almeria. «C’est une décision souveraine et stratégique. Grâce à cette connexion, les capacités d’approvisionnement atteindront les 10 milliards m3 /an au lieu de 8 milliards m3 /an. Nous avons une capacité de 60 milliards m3 d’exportations. Nous avons donc une très grande flexibilité», souligne-t-il.
L’expert en énergie, Tewfik Hassni, estime également que l’Algérie est en mesure de respecter ses engagements contractuels. Il précise, par ailleurs, que le contrat gazoduc Maghreb-Europe est conclu avec l’Espagne et non avec le Maroc.
«Les plus grandes quantités de gaz vers l’Espagne passent par Medgaz de Beni Saf. L’an dernier, seulement 3 milliards de m3 de gaz naturel sont passés par le Maroc», dit-il. En fait, précise-til, c’est avec l’Espagne que l’Algérie négociera le renouvellement où non du contrat Gazoduc.
«Comme l’Espagne est notre client, elle aura son mot à dire. Mais si le contrat est renouvelé, c’est l’Algérie qui déterminera les quantités qui passeront par le Maroc. Ces quantités pourront aisément être revues à la baisse», conclut-il.
Farida Belkhiri
Horizons, 28/08/2021
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