Algérie : Le devoir de justice

Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, qui prêtera serment avant le début de la semaine prochaine, après la proclamation des résultats définitifs par le Conseil constitutionnel, a fait de la lutte contre la corruption un axe majeur de son programme en 54 points placé sous le thème évocateur «Engagés pour le changement, capables de le réaliser».

Face à un fléau ravageur minant les fondements de l’Etat et sapant la cohésion nationale, l’engagement traduit la détermination du premier magistrat du pays à mettre fin à la dilapidation à grande échelle de deniers publics, poursuivre en justice la «bande qui a pillé l’argent public» et procéder à la récupération de l’argent volé.

La démarche salvatrice a l’immense mérite de satisfaire aux exigences de la justice sociale, trahie par un régime oligarchique et prédateur. La nouvelle République, qui retrouve sa légitimité populaire et internationale, exprimée par le vote citoyen du 12 décembre, et la reconnaissance de chefs d’Etat et de souverains, veut renouer avec la confiance laminée par la crise politique et sociale sans précédent. «La loi relative à la corruption sera maintenue», a affirmé le président de la République, excluant d’emblée les personnes impliquées dans la dilapidation des ressources nationales de la grâce présidentielle.

Erigée en priorité absolue, la poursuite de la lutte contre «la corruption et les corrompus», indépendamment du soutien nécessaire aux investisseurs nationaux honnêtes et intègres, victimes eux-mêmes des agissements de la bande des voleurs, s’accompagne de la volonté de mettre un terme à l’emprise de l’argent sale sur la politique et le fonctionnement harmonieux des institutions nationales.

Le procès de l’affaire du montage automobile, qui a vu défiler des anciens Premiers ministres, des ministres, un wali, des cadres et des hommes d’affaires, est un exemple édifiant de cette alliance illégale et du financement occulte de la campagne pour le 5e mandat.

Le devoir de justice a donc prévalu pour stopper la dérive infernale et remettre sur les bons rails la nouvelle République en adéquation avec les attentes citoyennes à une vie digne et décente.

Horizons, 16 déc 2019

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