Algérie : Le renouveau démocratique

Le scrutin de la transparence s’est imposé pour consacrer le libre choix des citoyens, accompagné de bout en bout par l’Armée nationale populaire et garanti par l’Autorité nationale indépendante des élections, qui a remporté haut la main la bataille de la crédibilité. Et les représentants des candidats et les médias étrangers, présents en force, l’attestent amplement, balayant ainsi le défaitisme des uns et les doutes insidieusement alimentés des autres.

La victoire est d’autant plus marquante que le déni démocratique, exprimé par le viol des urnes et du droit de vote, et les tentatives de déstabilisation n’ont eu aucune emprise sur le déroulement du scrutin dont il y a lieu de souligner la retenue et la sagesse des forces de sécurité qui ont traité avec clairvoyance les actes de vandalisme et de violence enregistrés dans certains centres de vote.

L’effet inverse s’est produit, boostant le taux de participation qui a atteint 39,93%, voire la barre des 50 à 60% dans 15 wilayas. Même la capitale (19,68%) a osé faire le pas. Le sursaut remarquable des Algériens a privilégié la voie pacifique et démocratique pour sortir de l’engrenage de la crise et barrer la route aux nihilistes et aux aventuriers de la transition chaotique.

Selon la formule succulente du président de l’Autorité nationale indépendante des élections, Mohamed Charfi, le peuple, qui «a voté l’Algérie avant tout», a porté souverainement à la tête de la magistrature suprême du pays le candidat indépendant Abdelmadjid Tebboune, qui a souffert, en tant que Premier ministre, du despotisme de l’oligarchie prédatrice.

En attendant la confirmation du Conseil constitutionnel, le Président élu entend œuvrer à «l’instauration d’une nouvelle République dont les jeunes seront le pilier» et à «tout entreprendre» pour «réaliser les attentes et les aspirations légitimes portées par le hirak du 22 février».

Dans les 54 engagements de son programme électoral, «la poursuite de la lutte contre la corruption» et une «nouvelle politique de développement» sont érigées en priorité absolue, pour mettre fin à la gabegie ambiante et redonner espoir aux larges franges de la société, consacrer leur droit au logement, à la sécurité, la retraite et l’accès à des soins de qualité. Le renouveau national, impliquant «pleinement la diaspora», se décline dans le renouvellement du paysage politique, caractérisé notamment par la percée du candidat du Mouvement El Bina, devançant largement les autres concurrents de Talaie El Hourriyet, du RND new look et du Front El Moustakbal.

Horizons, 13 déc 2019

tags : Algérie, Abdelmajid Tebboune, président, élections, présidentielles,