Algérie : Les urnes du changement

L’heure de vérité a sonné. C’est aujourd’hui que les 24 millions d’électeurs exerceront librement et souverainement leur droit de vote constitutionnellement consacré, bien au-delà des actes d’intimidations et des brimades répréhensibles, relevés particulièrement en France. Si ces pratiques antidémocratiques ont eu l’effet inverse, en provoquant un sursaut de dignité des votants venus en force accomplir leur devoir électoral, le rendez-vous historique d’aujourd’hui est l’acte fondateur de la nouvelle Algérie, riche de son pluralisme et des acquis du hirak, connu pour son attachement au pacifisme, son esprit de maturité et son comportement civilisationnel, vantés dans le monde entier.

Toutes ces valeurs consensuelles, gravement altérées par des visions partisanes à courte vue, sont au cœur d’un changement inéluctable, perceptible dans le démantèlement de la bande et la fin de l’impunité des responsables de la dilapidation massive de deniers publics. La rupture marque également la fin de la fraude enracinée dans un régime despotique et, qu’on se le dise, secrétant le système des quotas qui a profité aux partis politiques, toutes tendances confondues, totalement disqualifiés.

Le temps de la fraude sous toutes ses formes est révolu grâce à l’Autorité nationale indépendante des élections, qui a instauré un système électronique de surveillance performant et appelant, par la voix de son chargé de la communication, les médias, les citoyens et les candidats à dénoncer toute tentative de fraude.

Outre les mesures sécuritaires drastiques, l’Anie a mobilisé tous les moyens humains pour relever le défi de l’intégrité et de l’équité du scrutin conçu, selon l’appréciation du président de l’Anie, Mohamed Charfi, comme «une plateforme solide» et «la base du changement du régime qui n’a eu de cesse de compter sur les méthodes corrompues et disperser les coalitions devant la primauté des maigres intérêts».

Les urnes du changement pacifique, dont les balbutiements se font sentir dans le vote appréciable de la communauté nationale à l’étranger, recommandent un haut degré de conscience et d’engagement patriotique pour placer le devenir de l’Etat nation au-dessus de toute considération et éviter le piège de la fitna, dramatiquement vécue par l’Algérie de la dérive sanglante.

Horizons, 11 déc 2019

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