Algérie : Les impératifs du devoir national

Le coup d’envoi du scrutin du 12 décembre a été donné par la communauté algérienne établie à l’étranger et dans le Grand-Sud, en couronnement d’un processus démocratique porteur d’un espoir de changement et, évidemment, d’une sortie de la crise aux conséquences désastreuses sur l’économie nationale.

De la République arabe d’Egypte à la Grande-Bretagne en passant par la France, le devoir électoral des 914.089 électeurs, recensés à la faveur de la révision périodique des listes électorales, mobilise l’Autorité nationale indépendante des élections, «fin prête» pour la bataille de la crédibilité de l’urne, et plus de 500.000 encadreurs présents dans les centres de vote de 57 Etats arabes, 40 d’Europe et d’Amérique et les 135 bureaux itinérants.

Cet engagement marqué par la volonté de protéger le choix souverain des citoyens, est conforté par le sursaut populaire perceptible dans le déroulement normal du processus électoral légèrement perturbé dans la ville de Blois, relevant du consulat général de Paris.

A bout d’arguments, la minorité qui tente d’imposer son diktat par la violence est totalement discréditée, en tournant le dos à l’urne et en s’attaquant aux fondements de la pratique démocratique. «Ces temps sont révolus», a déclaré le président de l’Anie, Mohamed Charfi. Une nouvelle ère qui bannit la fraude, rendue impossible grâce à un «dispositif électronique» performant et des méthodes innovantes, et signe la fin d’un régime coupable de corruption à large échelle et de la pratique de la cooptation.

L’échec est totalement consumé. Il est validé par «l’élan populaire à travers tout le pays», dicté par le devoir de mémoire et, aujourd’hui, par le «devoir national» pour faire face à la conjuration orchestrée par «les serviteurs du colonialisme, parmi la bande et ses relais, qui ont renié tous les principes du nationalisme et se sont mis au service des ennemis».

Dans une allocution prononcée lors de sa visite de travail au commandement des Forces terrestres, le chef d’état-major de l’Armée nationale populaire, Ahmed Gaïd-Salah, a situé «les origines du combat réel» pour exprimer l’urgence d’un sursaut salvateur digne des sacrifices de nos aînés et à hauteur des attentes du scrutin du 12 décembre qui coïncide opportunément avec les grandioses manifestations populaires du 11 Décembre 1960. Il s’agit, dira le chef d’état-major de l’ANP, d’un «devoir national qui s’impose par lui-même».

Horizons, 8 déc 2019

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