Maroc : le roi est en échec et mat

Le royaume du Maroc panique. La juste cause du peuple sahraoui s’impose finalement à lui et à ses sponsors qu’il avait longtemps crus imbattables. En dépit de l’alignement inconditionnel de la France, le Conseil de Sécurité refuse d’imposer les plans franco-marocains visant la mainmise sur les nombreuses richesses naturelles du territoire du Sahara Occidental.

Le Makhzen fait feu de tous bois avec l’espoir de créer un écran de fumée qui cacherait son désarroi après les multiples revers et camouflets qu’il a reçu accentuant la fragilité de sa position sur la question sahraouie, voire son isolement, et les tensions internes auxquelles il fait face. Et la cible toute désignée pour ces manœuvres dilatoires est évidemment l’Algérie dont la position, tant sur la scène continentale qu’internationale, ne souffre pourtant aucun équivoque puisque s’alignant sur le droit international. Mais pour Rabat, en accusant le voisin de prendre fait et cause pour le Sahara occidental – ce qui est vrai, en application du droit international, comme la majorité des pays -, il crée un abcès de fixation qui lui permet de détourner l’attention de la vraie nature du conflit, à savoir un problème de décolonisation devant se résoudre avec un référendum d’autodétermination.

Dans le monde entier, aucun homme respectable ne croit au plan boiteux d’autonomie du Maroc. Leur lobbying onéreux, tout au long de ces quarante dernières années, n’a servi à rien, en définitive. La seule vérité qui reste est celle, têtue, qui veut que les sahraouis soient maîtres de leur destin. La chimère du grand Maroc, qui s’étend sur toute l’Afrique du Nord et la région sahélo-saharienne, est un délire qui a longtemps aveuglé le roi du Maroc et dont profitent grandement ses pseudos soutiens. Ce fantasme s’effiloche. L’heure de vérité approche à grandes enjambées. Le roi est en échec et mat.

Sur le plan intérieur aussi, les nombreux problèmes internes dont la montée des contestations sociales, notamment dans le bouillonnant Rif où le Makhzen a pris la fuite en avant en embrassant la répression aveugle au lieu de donner suite à des simples demandes sociales s’enfonçant ainsi dans une crise politique sans précédent.

Face à la contestation pacifique et durable des Rifains, le Makhzen donne la nette impression de ne plus savoir où donner de la tête et même de l’avoir perdue en choisissant la répression directe du mouvement de protestation incarné par le Hirak de Nasser Zefzafi.

Le résultat de cette escalade répressive est clair : des chansons de rap qui mettent en question le roi Mohammed VI, jusque-là épargné dans l’espoir de le voir intervenir pour mettre fin à cette situation. Mais, apparemment, c’était trop demander.

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