Vérités algériennes, mystification européenne

Il est aujourd’hui admis sur les cendres d’un ordre génocidaire et, plus proche de nous, de nombre de pays frères victimes du chaos programmé, que les dégâts incommensurables de l’interventionnisme occidental ont pour longtemps disqualifié la vieille Europe, coupable du génocide rwandais, provoquant un million de morts en 3 mois, de complicité flagrante avec le néo-apartheid israélien, exerçant durablement et globalement le chantage à la Shoah, et de la dérive sanguinaire affectant les victimes du printemps arabe.

La machine occidentale à tuer a fondamentalement sévi contre les valeurs séculaires gravement bafouées dans l’Europe livrée à l’emprise grandissante de l’extrême droite de la xénophobie et de l’islamophobie galopante et confrontée à la lame de fond de la contestation sociale incarnée par le mouvement des Gilets jaunes. Le bilan est choquant : 2.500 blessés du côté des manifestants, 1.800 dans les rangs des policiers, 24 citoyens éborgnés, 5 autres la main arrachée…

Les victimes de «la répression immédiate et de grande ampleur», qui se comptent, outre les manifestants, parmi de simples passants, des journalistes et des militants des droits de l’homme «nassés et gazés» en mission d’observation, constituent indéniablement une violation du droit de manifester pacifiquement et du respect de la souveraineté populaire érigés en socle de la nouvelle Algérie.

Le doute n’est donc plus permis sur la démarche néocoloniale des nervis du tristement célèbre Bernard-Henri Levy, trônant sur les chars du siège sanglant de Gaza pour continuer, dans la Libye sœur, l’œuvre de destruction massive. La provocation répugnante des eurodéputés, épris de méfaits coloniaux aux crimes contre l’humanité imprescriptibles au-delà de la culture de l’amnésie et du révisionnisme, est à la mesure de l’occultation des souffrances indicibles de leurs concitoyens et des principes de bon voisinage, de coopération et de dialogue inscrits dans la doctrine européenne.

La résolution scélérate, rejetée dans le fond et la forme par le ministère des Affairées étrangères, désavouée par la haute représentante de l’Union européenne pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité et vice-présidente de la Commission européenne, et dénoncée par l’Afrique solidaire et des pays amis, n’a aucune emprise sur les vérités algériennes réitérées chaque vendredi en hymne au vivre-ensemble magnifié par le cri de ralliement «khawa, khawa», de la tolérance, du civisme et du patriotisme. Ce sont ces valeurs vantées dans le monde entier qui laissent espérer des lendemains prometteurs de la nouvelle Algérie scellant le pacte patriotique qui unit le peuple et son armée, en rempart imprenable, et se conforte par la solidité du front interne arrimé majoritairement à la classe politique, à la société civile, aux militants des droits de l’homme et aux organisations sociales et professionnelles.

Horizons, 2 déc 2019

Tags : Algérie, Hirak, élections, présidentielles, parlement européen,