Le glas d’une tentative désespérée

Plusieurs marches populaires ont été organisées hier à travers le pays pour dire «basta» au Parlement européen et dire surtout non à toute ingérence dans les affaires internes de la nation, et ce, quels que soient la forme, la nature ou le fond de son objet. Les manifestants ont ainsi rejeté catégoriquement l’immixtion ourdie par le Parlement de l’Union européenne sous forme d’une résolution qualifiée hypocritement de «solidarité» avec le peuple algérien.

Le peuple n’est pas dupe et il ne succombera jamais aux chants des sirènes des eurodéputés accoutrés bien évidemment de leur uniforme de droit-de-l’hommiste qui ne trompe fort heureusement personne. La démonstration des forces populaires d’hier se veut comme une sentence ; elle a pour ainsi dire sonné le glas de cette tentative d’ingérence rejetée et condamnée, faut-il le rappeler, par l’ensemble des courants politiques, des organisations nationales, du mouvement associatif ainsi que la société civile.

Alors que ses initiateurs, fidèles à la doctrine interventionniste, espéraient que leur tentative précipite le pays dans une phase de déstabilisation, le peuple algérien, qui a fait montre d’un sens patriotique exemplaire en laissant ses divergences politiques et idéologiques de côté, s’est érigé tel un seul homme pour préserver son pays et sa souveraineté.

Les manifestants sortis hier ont aussi conscience que le timing choisi par le Parlement européen pour lâcher sa «bombe de la discorde et de l’instabilité» n’est pas fortuit. Il intervient, en effet, en pleine campagne électorale d’une échéance nationale déterminante pour le devenir du pays. Les banderoles hissées et les slogans scandés par les marcheurs qui appellent à une participation massive au scrutin présidentiel du 12 décembre prochain sont une réponse cinglante aux eurodéputés qui, a priori, ne conçoivent pas le fait que les Algériens soient déterminés à construire leur avenir démocratiquement et loin de toute injonction étrangère.

Outre les slogans appelant au retour à la normalité institutionnelle, les marcheurs ont entonné massivement «djeïch, chaâb, khawa, khawa» (armée et peuple ne font qu’un). Un slogan qui porte, par le message qu’il véhicule et la conviction qu’il exprime, le coup de grâce à toute ingérence dont souffrent malheureusement nombre de pays.

Horizons, 30 nov 2019

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