Pourquoi je ne reviendrai plus jamais au Maroc !

Retour sur mon voyage au Maroc. C’était la première fois pour moi. Je me suis dit que je n’y retournerai plus. Voici pourquoi.

Avant de poursuivre, je voudrais aborder un point.

D’avance, je sais que certains lecteurs vont prendre mal cet article. Ceux qui aiment ce pays vont peut-être se sentir attaqués personnellement. Dans ce cas-là, il est parfois difficile de prendre du recul.

Pourtant, ce n’est pas une attaque personnelle évidemment. J’espère que vous garderez cela à l’esprit au fil de l’article si vous vous sentez concernés.

De même, je m’excuse auprès des lecteurs marocains. Je ne parle ici que de mon ressenti personnel à un instant T.

L’histoire

Il y a quelques années, j’ai eu envie de découvrir le Maroc. Proche de la France, je n’y avais encore jamais mis les pieds.

Le Maroc est une destination dépaysante située seulement à deux heures d’avion de la France. On y parle français, le pays n’est pas très cher, bref, toutes ces raisons font que le Maroc est très couru par les Européens, et les Français en particulier. Surtout depuis la création de liaisons low-cost.

Un mois de septembre, je suis donc parti pour deux semaines au Maroc. Je devais passer la première semaine seul, puis ensuite rejoindre ma copine qui avait prévu ce voyage avec deux amies.

Premier jour : une mauvaise rencontre

J’avais décidé de commencer par Casablanca.

Le premier jour donna malheureusement le tempo du reste du voyage.

Alors que je marche dans une rue du centre, un homme m’aborde. Je me dis à moi-même « encore un qui veut me demander une pièce ou me vendre un truc ». Il n’en était rien, du moins au début.

Nous parlons 5 min, et puis je lui demande où trouver un café ouvert en cette période de ramadan. Il me propose de m’accompagner à une adresse non loin de là.

En chemin, il me fait remarquer ma rougeur sur le visage. A l’époque, j’avais un peu de dermite sur le front. Il me dit qu’il a déjà eu cela et que grâce à des plantes, il a pu guérir cela très vite. Il en profite pour me demander si je suis intéressé, il connait un ami herboriste qui en vend.

Je ne lui réponds pas catégoriquement, une erreur. Je sais que je ne vais rien acheter et que tout cela a l’air louche. Mais je suis curieux à propos de son histoire et je veux savoir où il veut en venir.

Alors que j’arrive au café, celui-ci me suit. Il est du genre collant.

Il a appelé son ami. 30 secondes après, le voici qui débarque, aussi louche que lui.

Cette fois-ci, tout clignote dans ma tête, voilà une affaire qui pue l’arnaque à 100 mètres.

Je finis par lui dire que je ne suis pas intéressé, et que je ne les connais pas, sous entendant que je n’ai pas confiance.

Et là…Il me répond en m’insultant (ainsi que ma mère d’ailleurs). Son vrai visage apparaît alors.

Je me prends une violence verbale en pleine tête.

Je lui réponds « est-ce bien de profaner des insultes en période de ramadan, n’est-tu pas musulman ? ». Cela finit par l’énerver encore plus, heureusement, les deux acolytes prennent congé de leur propre gré.

Ils me laissent pantois sur ma chaise, décontenancé par la violence des propos.

Quand je pense qu’au début, il m’a même proposé de me faire visiter le port…Il est facile d’imaginer que j’aurais pu être dépouillé rapidement dans un endroit isolé. Heureusement, mon instinct a alors déclenché le feu rouge.

Peut-être que la suite du voyage et mon ressenti sont liés à ce premier jour et à cette première rencontre désagréable. C’est possible.

Dans ce cas-là, votre esprit se met alors sur ses gardes, vous êtes moins ouvert pour la suite.

L’histoire de la touriste allemande

A Fès, je fais la rencontre d’une sympathique voyageuse allemande parlant très bien français d’ailleurs. Le lendemain, nous décidons de faire route ensemble, direction un village du Haut-Atlas.

Dans cette région moins touristique du Maroc, l’ambiance est déjà plus relax et agréable. C’est une bouffée d’air frais.

Nous passons deux jours forts sympathiques. Je dois alors la laisser continuer seule, car je dois me rendre à Marrakech retrouver ma copine et ses amies.

Deux jours plus tard, je rallume mon mobile qui était à court de batterie jusque là. Et là, quelle ne fut ma surprise de voir plusieurs messages de mon ex compagne de route. Des messages dont je me serais bien passé…

1er SMS:

« Salut ! Je me dirige vers un petit village de la région. Une famille m’a prise en stop à la station de bus pour m’amener à leur hôtel. Ils sont un peu étranges, je ne suis pas rassurée. »

2ème SMS :

« Je suis chez eux, ils m’ont pris de l’argent, ils ne veulent pas me le rendre. J’ai peur. Où es-tu ? »

3ème SMS :

« Je vais essayer de m’échapper ce soir….Réponds-moi dès que tu peux ! »

Je vous rassure, l’histoire s’est bien terminée. Elle a réussi à partir et à rejoindre Marrakech, assez éprouvée par cette mésaventure. Elle a décidé de ne pas porter plainte.

La pauvre fut assez marquée par cet épisode. En voilà une qui ne repartira pas avec une bonne image du pays.

Ambiance lourde, injures…

Mis à part ces deux histoires sordides, tout le long du séjour, j’ai connu des petites prises de tête quotidiennes.

A chaque fois que je passais devant une boutique, déjà, c’est lourd.

Les premières fois, vous entrez pour voir l’intérieur des boutiques.

Puis, vous ne rentrez même plus. A quoi bon, si vous n’achetez rien, c’est limite si on ne vous insulte pas.

Si vous souhaitez acheter, c’est des heures de marchandage pour avoir un prix juste.

Le pire, c’est que même si vous déclarez au vendeur dans la rue : « non, mais je veux bien rentrer, mais tu sais, je ne veux rien acheter hein ? Je te dis, cela car la dernière fois, j’ai dit cela dans une autre boutique et le vendeur n’était pas content. Tu es sûr, tu ne réagiras pas de la même façon ? ».

« Non, mon frère, bien sûr ! Vas-y- rentre ! «

5 min après en sortant, je me prends une remarque en arabe que ne semble pas très gentille.

Dégouté, j’ai vite arrêté cela. Je me demande d’ailleurs où est le sens commercial quand un vendeur vous déclare « si tu n’achètes rien, tu peux rester en France ! ».

Bref, quasiment tous les deux jours, je me suis pris la tête avec un Marocain.

Dans les stations de bus, j’ai souvent observé des disputes pour des raisons qui m’échappaient.

Je me suis dit « bon, cela doit être en raison du ramadan, les gens doivent être plus sur les nerfs la journée, pas facile de tenir jusqu’au soir. ».

Pourtant, pour en avoir discuté avec d’autres personnes, cela n’est pas réservé à la seule période du ramadan.

A Pétra en novembre dernier, j’ai rencontré une Française d’origine marocaine. J’en ai profité pour lui parler de mon expérience, sans langue de bois. Celle-ci revient parfois au pays pour la famille.

Celle-ci n’a pas mal pris mes commentaires, au contraire ! « Cela ne m’étonne pas, les Marocains sont comme cela. Beaucoup manquent d’éducation et de savoir vivre. Les mots peuvent vite être violents, c’est ainsi. »

Je veux bien la croire.

Les limites

Lire ces lignes me met encore mal à l’aise. Ce qui est dérangeant ici, c’est que cela me montre mes propres limites. Je me dis que je n’ai pas eu la force d’esprit de passer outre cette première journée et cette mauvaise rencontre. Peut-être ai-je manqué de souplesse d’esprit au début pour prendre du recul.

J’ai bien conscience que d’autres voyageurs sont revenus avec un très bon souvenir du Maroc. Et oui, c’est un beau pays avec ses villes impériales et les très beaux paysages du sud du Maroc

C’est d’ailleurs là que j’ai vraiment eu la paix et que j’ai pu profiter à fond du voyage. Peut-être car cette région n’est pas très peuplée…

Le mot de la fin :

J’ai écrit cet article peu de temps après mon voyage. Plusieurs années ont passé depuis. Je suis donc moins catégorique sur la question du « plus jamais ».

Quand je repense à ce voyage, il y a un mélange de bons et de mauvais souvenirs. Heureusement, on retient surtout les bonnes choses comme ces villes impériales, une chouette rencontre, le sud du Maroc…

Je dois reconnaître que pour l’heure, je n’ai pas envie d’y retourner du tout. Il y a bien d’autres pays que je ne connais pas. Et d’autres pays où j’aimerais revenir.

Peut-être que l’envie va venir plus tard qui sait. Surement car je n’ai pas envie de rester sur une première impression.

Alors, si vous me lisez et que vous aimez ce pays, donnez-moi envie d’y revenir !

Source : Instinct Voyageur, 29 août 2019

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