Algérie : Entre meetings et manifestations hostiles

9ème jour de campagne : Entre meetings et manifestations hostiles

La campagne électorale pour la présidentielle a bouclé, hier, son 9e jour avec des meetings des candidats qui n’ont pas été sans incidents. Plusieurs manifestations ont eu lieu à travers le pays pour rejeter la présidentielle. Depuis El Bayadh, Ali Benflis a appelé à la « mobilisation » en vue de réussir des « présidentielles transparentes et déterminantes pour l’avenir du pays».

Benflis a indiqué qu’il « a préféré s’investir personnellement dans la bataille pour convaincre le peuple qu’il n’y a d’autre sortie de la crise que vit l’Algérie par la mobilisation et par le sacrifice de ses enfants », selon le compte-rendu de l’agence officielle. Et d’ajouter : « La crise que vit l’Algérie est liée à la légitimité ».

Abdelmadjid Tebboune s’est engagé, à partir d’Oran, à réviser la grille des salaires « afin de garantir la dignité de toutes les catégories du peuple algérien », promettant d’ « exempter d’impôts les bas salaires ». Il a renouvelé sa promesse d’« enrayer la corruption et les pots de vin ».

Sur le volet économique, Tebboune a promis de promouvoir l’industrie nationale. Les deux sorties d’Abdelkader Bengrina à Lakhdaria puis à Bordj Bou Arreridj ont été marquée par des manifestations de citoyens hostiles à sa venue et à la tenue de la présidentielle. Le meeting d’Abdelaziz Belaid à Boumerdès a vu la présence d’un dispositif policier important.

Plusieurs interpellations auraient été opérées parmi les jeunes qui ont protesté contre la venue du candidat du Front El Moustakbel, selon la page « Tout sur Boumerdès ».

Dans ce contexte, les différentes régions du pays continuent de vibrer au rythme des marches et des manifestations contre la tenue de la présidentielle du 12 décembre. La wilaya de Béjaia a été particulièrement active. Hier après-midi, un rassemblement populaire était toujours en cours devant le siège de la wilaya de Béjaia. Les manifestants ont notamment réitéré leur rejet de l’élection.

À Souk El Tenine, wilaya de Béjaïa, un rassemblement populaire s’est tenu devant le siège de la daïra contre la tenue des élections présidentielles et pour exiger la libération des détenus d’opinion et politique. À la porte d’entrée, les manifestants ont érigé un mur en brique.

Par ailleurs, l’appel à la grève générale lancé par le collectif des citoyens de la daïra de Darguina a été suivi à 100% à la commune d’Ait Smail, a mentionné la page « Béjaia Sois l’Observateur ». Une marche a été organisée, suivie d’un rassemblement devant le siège de la daïra. Les lycéens de Souk El Tenine et de Melbou (Béjaia) ont pour leur part manifesté leur solidarité avec le Hirak et les détenus en organisant une marche le long de la route reliant les deux agglomérations. Les lycéens ont voulu démontrer leur rejet de la présidentielle et ont appelé à la libération des détenus du Hirak.

À Lakseur (Béjaïa) un rassemblement populaire été organisé devant le siège de la daïra contre la tenue des élections présidentielles et pour exiger la libération des détenus d’opinion et politique.

Dans la wilaya de Tizi Ouzou, plusieurs centaines de personnes ont participé à une marche à Bouzeguene (une daïra englobant quatre communes), pour dire leur refus des élections présidentielles du 12 décembre. Les marcheurs ont appelé à la libération des détenus d’opinion. Ils ont aussi tenu à exprimer leur solidarité avec leurs maires qui seraient harcelés par l’administration après leur refus d’organiser les présidentielles, à l’instar du P/APC de Bouzeguene convoqué par la justice en raison de son refus d’organiser le scrutin.

Vers 17 heures, des marches étaient en cours à Constantine et à Sétif contre la présidentielle. À Jijel, un rassemblement se tenait, pour le quatorzième jour consécutif, devant le siège de l’ANIE. Les manifestants scandent des slogans hostiles au pouvoir et contre la prochaine présidentielle.

L’Est Républicain, 26 nov 2019

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