43 ans d’autonomie du Sahara occidental : un anniversaire particulier

La population du camp de réfugiés sahraouis de Tindouf espère que les négociations qui vont rouvrir en mars sous le patronage de l’ancien président allemand Horst Köhler conduiront à l’indépendance.

A Smara, devant les militaires qui ouvrent le 43ème anniversaire de la la République arabe sahraouie démocratique ce matin du 27 février 2019, des centaines de personnes sont rassemblées.

Hommes, femmes, enfants, tous agitent des drapeaux sahraouis. Le président Brahim Ghali prend alors la parole et rappelle l’histoire sahraouie, la guerre contre le Maroc, et souligne que les acquis et les victoires obtenus par la cause sahraouie sont « la vertu de l’unité et de la fermeté du peuple sahraoui ».

Le président sahraoui, secrétaire général du Front Polisario, a insisté sur la nécessité de préserver ces acquis, et dit espérer que les négociations qui vont rouvrir en mars sous le patronage de l’ancien président allemand conduiront à l’indépendance.

Le contexte international s’y prête, soutient Mohamed Sid Ati, ministre délégué pour l’Europe et membre de la direction nationale du Front polisario.

« Le monde est dans une période de tension, dans un contexte très difficile. Le conflit du Sahara occidental, s’il est résolu, ce sera une instabilité et une inquiétude de moins. La solution de ce conflit peut être aussi une contribution très importante pour l’avènement d’un Maghreb serein et réconcilié avec lui-même, où on peut coopérer. »

43. Jahrestag der Demokratischen Arabischen Republik Sahara (DW/Hugo Flotat-Talon) Les femmes, très représentées dans le défilé, comme dans la société sahraouie, veulent aussi y croire. Sous une tente, la directrice d’école Nuena Djill Bani prend ses élèves qui défilent en exemple, en réclamant l’indépendance.

« Nous sommes en exil. Tu as vu comme le peuple sahraoui est organisé. On a donné du temps à tout le monde pour appliquer une solution politique, pour mettre fin à cette vie difficile. Au nom de toutes les femmes sahraouies : nous voulons notre indépendance, nous sommes prêts et nos mains sont ouvertes. »

Malgré l’espoir, beaucoup de réfugiés sahraouis en Algérie ne cachent pas leur impatience. Il faut une solution rapide, martèle Addou ElHadj, guide au musée de la résistance.

« Nous en avons marre d’attendre. C’est une longue espérance. On a marre du statu quo. Depuis 43 ans, personne ne bouge. Depuis plus de 27 ans, on attend une solution au niveau des Nations Unies. Nous sommes pacifiques mais s’il le faut, s’il n’y a pas de solution, nous sommes prêts à reprendre les armes. »

Une célébration sur fond de victoires diplomatiques

43. Jahrestag der Demokratischen Arabischen Republik Sahara (DW/Hugo Flotat-Talon)

A la veille de la célébration, le Camp Chahid El-Hafedh des réfugiés sahraouis a vu la visite d’une importante délégation américaine conduite par le président du Comité des forces armées du Sénat des Etats-Unis d’Amérique, James Inhofe.

Cette visite intervient également à quelques jours d’une deuxième rencontre prévue à Berlin (Allemagne) entre l’émissaire de l’ONU pour le Sahara occidental, Horst Köhler, le Front Polisario et le Maroc.

Un agenda qui reflète clairement la position de la communauté internationale et les Etats membres du Conseil de sécurité sur la nécessité de trouver une solution rapide au conflit du Sahara occidental sur la base de résolutions de légitimité internationale garantissant le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination.

La rencontre prévue la première semaine de mars s’inscrit dans le cadre des consultations bilatérales que l’ancien président allemand compte tenir avec les parties au conflit et les pays voisins pour préparer la deuxième table ronde.

En décembre, M. Köhler a organisé une première table ronde après six années de négociations sur le statut du Sahara occidental, la dernière fois que le Front Polisario et le Maroc se sont rencontrés lors de la même série de négociations jusqu’en mars 2012 à Manhasset (près de New York).

Les peuples célèbrent le 43e anniversaire de la création de leur Etat dans une conjoncture marquée par le consolidation des acquis politiques et diplomatiques aux niveaux international et continental où la RASD était membre à part entière de l’ex-Organisation de l’unité africaine (OUA) et devenir par la suite membre fondateur de l’Union africaine (UA)

Source: DW