Syrie: La décantation

Par Abdelmadjid Blidi

Avec le retrait annoncé des militaires américains de Syrie, la donne dans ce pays semble changer du tout au tout. Tout s’accélère à un rythme effréné et les décisions des acteurs de ce conflit, qui dure depuis plus de 8 ans, semblent pleuvoir chaque heure. Il semble bien qu’une course contre la montre vient d’être lancée depuis la décision de Donald Trump.

Alors que les pays du Golfe veulent se replacer sur le champ diplomatique avec la réouverture de leurs ambassades, comme l’ont déjà fait les Emirats Arabes, suivis par le Bahreïn et sûrement par d’autres monarchies, la Russie et la Turquie coordonnent leurs actions pour maintenir leurs intérêts en évitant un affrontement qui n’arrangerait aucune des deux capitales. Pendant ce temps, les autres pays occidentaux qui faisaient partie de la coalition américaine, semblent avoir totalement disparus des radars. Ni les Français ni les Britanniques ne sont apparemment capables de peser sur la tournure que sont en train de prendre les choses.

D’ailleurs même les Kurdes, qui avaient fait appel dans un premier temps aux Français pour les soutenir face aux menaces des Turcs, ont bien compris qu’ils misaient sur un cheval perdant et ont finalement choisi de se mettre sous la protection du régime syrien dont les soldats sont entrés dans la région de Minbej. La porte est ainsi définitivement fermée au visage des occidentaux, dont le rôle est tout à fait marginal aujourd’hui.

Manifestement, la guerre en Syrie est en train de tirer vers sa fin. Elle se termine avec une victoire indiscutable du régime de Bachar el Asad qui était, avant l’entrée en scène de la Russie, à deux doigts de connaitre le même sort que celui des Kadhafi, Ben Ali ou Moubarak. Mais les calculs de Paris et autres capitales occidentales se sont avérés cette fois totalement faux, et c’est bien eux qui sortent vaincus.

Mais cette débâcle ne veut nullement dire que le grand chaos voulu par ces chancelleries dans le monde arabe est définitivement clos. Non, nous sommes encore loin d’une telle éventualité, car l’année 2019 qui pointe le nez ne manquera pas de faire éclater d’autres soubresauts dans d’autres pays arabes qui restent encore dans l’œil du cyclone. Au nom de la démocratie et des droits de l’homme il faut s’attendre à voir bien des pays déstabilisés, mais malheureusement jamais pour ces nobles raisons que l’on avance, mais pour des intérêts occultes toujours à l’avantage de ces parrains du chaos.

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