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Comment Mohammed VI blanchit l'argent de la drogue en Afrique à travers sa banque

Un nouveau scandale secoue le Makhzen suite à la découverte par la police marseillaise, dans le sud-est de la France, d’un vaste réseau de blanchiment de la drogue produite au Maroc et vendue à travers le monde. Le rôle confirmé de la structure financière Attijariwafa Bank dans la dissimulation des fonds engrangés par le trafic de cannabis ne laisse aucune place au doute quant à l’implication personnelle du roi Mohammed VI dans ces activités criminelles.
Au départ, des douaniers français découvrent en juin 2015, dans une bourgade du Vaucluse, la somme rondelette de 300 000 euros en espèces à l’intérieur d’un véhicule. L’affaire est confiée à des enquêteurs de Marseille, membres d’une section spécialisée dans la délinquance financière. En coopération avec leurs confrères de plusieurs pays d’Europe, un travail de fourmi permet de remonter la filière aux ramifications importantes et dont le quartier général se situerait au sommet de l’Etat marocain.
La conférence de presse animée par le procureur de Marseille restera dans les annales de la justice française. Les 300 000 euros saisis à Monas, une année auparavant, ce n’est donc que de la petite monnaie. Selon l’AFP, Xavier Tarabeux, qui représente le ministère public, annonce le chiffre faramineux de 400 millions d’euros qui ont été blanchis sur ces quatre dernières années. Une partie aurait transité par la France où Attijariwafa Bank possède plusieurs agences.
Parce que si la presse française évoque une «Hawala (système traditionnel de paiement informel dans la culture arabe», les milieux initiés n’ignorent pas que la banque marocaine Attijariwafa Bank couvre un important flux financier, notamment en Afrique de l’Ouest qu’elle inonde de sa résine de cannabis. Malgré la bienveillance des autorités de ces pays et malgré le système de blanchiment efficace, les experts antiterroristes ont repéré, dès l’année 2012, les mécanismes frauduleux du financement de groupes terroristes proches du Makhzen tel le Mujao dont les mercenaires ont tenté d’infiltrer les camps de réfugiés sahraouis de Tindouf en même temps qu’ils ont investi le nord du Mali avant de disparaître dans la nature…
Aujourd’hui, tandis que des dizaines de personnes sont arrêtées en France, en Belgique et aux Pays-Bas, il faut s’attendre à une montée au créneau des relais de Mohammed VI pour tenter d’étouffer l’affaire d’Etat. A coups de gros millions ou de demeures somptueuses à Marrakech, dans les limites de corruptibilité des responsables européens chargés de l’enquête. A l’heure où les liens diaboliques entre les narcotrafiquants et les terroristes sont avérés dans le Sahel, on peut parier que les négociateurs du Makhzen y laisseront des plumes.
Maya Loucif

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