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Monarchies du Golfe : Entre la carotte et le bâton

Par Hassan Wahid 
D’alibi en diversion, manœuvrant alternativement la carotte et le bâton, les monarchies du Golfe qui doivent leur protection aux bases militaires américaines qui les entourent « déplorent la fermeture » par l’Algérie de la frontière avec le Maroc. Cela s’appelle de la « cuisine familiale » royale. Les pétro-dollars tempêtent à jouer un rôle de médiation pour « corriger cette situation ». 
Le CCG (Conseil de coopération du Golfe) et la FGCCC (Fédération des chambres et de l’industrie des pays membres du Conseil de coopération du Golfe), tiennent chacun dans son rôle à rehausser leur dosage traditionnel pour venir au secours de leur appendice au Maghreb afin de masquer ses réels problèmes internes. 
Les six pays du Golfe, eux-aussi, épousant les thèses marocaines, mettent en ligne et en sous-traitance, l’Algérie. Sinon comment comprendre cette déclaration du SG de la FGCCC, Abderrahim Hassan Naki qui vient d’exprimer, au grand bonheur du Makhzen, son regret de voir maintenue fermée par l’Algérie, la frontière est du Maroc. Il a indiqué que « la fermeture par l’Algérie de la frontière avec le Maroc est une aberration vis-à-vis de l’évolution du système économique international », à l’issue d’une interview accordée au site du journal « Al Araby Al Jadid ». 
« Il faut maintenir l’économie loin des inimités politiques, prenons leçon de l’expérience européenne, les économies des pays de l’Europe ont énormément gagné de la suppression des frontières inter-européennes », a-t-il déclaré. Abderrahim Hassan Naki est allé encore plus loin pour dire que sa Fédération et plus largement les six monarchies du Golfe « sont disposées à jouer un rôle de médiation pour corriger cette situation ». 
Ce khalidjien de souche, oublie à ses dépens que l’Algérie n’a jamais sollicité de médiation étrangère quant à la réouverture de ses frontières Ouest avec le Maroc. La réponse officielle de l’Algérie en ce qui concerne la réouverture des frontières terrestres avec le Maroc fermées depuis 1994 a été constante: « Les relations entre l’Algérie et le Maroc sont ouvertes et que l’Algérie n’a pas besoin de médiation entre les deux pays frères ». D’ailleurs, c’est là une consentante réitérée par la diplomatie algérienne, à savoir que les frontières algéro-marocaines seront rouvertes une fois disparues les causes à l’origine de leur fermeture ». Mieux encore, la diplomatie algérienne a toujours fait savoir qu’en tant que pays stable, « l’Algérie qui essaie de maintenir sa stabilité au bénéfice de la stabilité de toute la sous-région, a convenu avec le Maroc de consolider les relations bilatérales, de laisser le problème du Sahara occidental à l’ONU pour un règlement dans le cadre de la légalité internationale ». 
En rapport avec cette situation, les monarchies du Golfe multiplient les pas, le discours et les prises de positions en faveur de Makhzen pour montrer qu’elles prennent effet et cause pour Rabat dans ses escalades de provocations contre Alger et dans son aventure coloniale au Sahara occidental. Message reçu à Alger mais guère pris en considération tant il est d’un secours important et d’un encouragement à la division et au maintien du statu-quo. 
Dans ce contexte, il est traduit que l’Algérie se refuse à jamais à un « consensus des monarchies » qui demeurent encore soumises aux ordres à suivre leurs fortes illusions. Et pour preuve, le Maroc a décroché il y a peu de temps, la réaffirmation du soutien des pays du Golfe ainsi que de la Jordanie au plan d’autonomie au Sahara occidental. Un Plan que les royaumes arabes qualifient de « sérieux et de crédible » pour trouver une solution définitive à ce conflit régional sur le Sahara marocain ». D’ailleurs, la diplomatie algérienne a-t-elle longtemps boycotté systématiquement ces manifestations « familiales » marquées au coin du sceau de ce paternalisme de monarques arabes sous l’angle d’un néo-colonialisme arabe complètement destiné à freiner l’unité de la Nation arabe. 
L’Algérie continue et continuera de soutenir, sur tous les plans, le juste combat du peuple sahraoui pour ses droits à l’autodétermination et à l’indépendance et son aide ne diminuera pas d’un pouce jusqu’à la totale satisfaction des profondes aspirations nationales du peule sahraoui. Il est à se demander un court moment ce qui allait advenir de ce genre de solidarité, dont l’esprit ne semble guère en accord avec les principes de la Charte des Nations unies. Très vite cependant, il a fallu se rendre à l’évidence. 
Le poids des conséquences des « révolutions arabes », le terrorisme et les réalités de la conjoncture internationale sont devenus plus lourds à supporter par les monarchies arabes, plus lourds encore que leurs volontés et leurs rêves » en innovation se perdent à chaque fois dans l’air. Face à leur panique, face aussi à leur possible lâchage par leur protecteur américain au profit de la grande puissance régionale qu’est l’Iran, il leur fallait tenter de rassurer. Préparer un siège au Maroc au sein du CCG ainsi qu’à la Jordanie. Le CCG aurait transmis au roi du Maroc Mohamed VI et à celui de Jordanie Abdallah II, un projet pour la formation d’une alliance militaire, en leur qualité d' »alliés stratégiques » des pays formant le groupement régional composé de l’Arabie Saoudite, le Bahreïn, les Emirats arabes unis, le Koweït, Oman et le Qatar. La proposition aurait été faite au Maroc et à la Jordanie en mars dernier. Une alliance militaire qui serait formée de 300 000 hommes. Il est à se demander pourquoi Mohamed VI tient-il à franchir ce pas, mieux à intégrer le CCG ? 
C’est facile à comprendre: le souverain marocain craint sérieusement une autre victoire du Front Polisario aux Nations unies à l’occasion de l’évaluation finale du processus de paix annoncée par le SG de l’ONU pour le mois d’avril 2015. C’est pourquoi, le Makhzen se rapproche de plus en plus des monarchies du Golfe pour l’épauler dans cette guerre qu’il mène contre le peuple sahraoui et dans ses attaques répétées contre l’Algérie, des réalités qui se font jour, d’autant plus nécessaires que nul ne se fait plus d’illusion sur les pratiques de la monarchie alaouite, dont les mensonges le disputent aux forfaitures, les engagements aux trahisons. 
H.W
La Tribune des Lecteurs, 18/12/2014
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