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Panique à Rabat : Les attaques contre l'Algérie en sont le symptôme évident

 

Par Madjid Bendaïkha

Ces attaques en règle contre l’Algérie sont plutôt dues aux nombreux déboires de la politique étrangère marocaine. En effet, la vision royale du conflit du Sahara Occidental ne trouve plus d’écho au niveau international ; mieux encore, même les nations unies évoquent désormais le droit d’autodétermination des peuples. 
Le Maroc a vainement manoeuvré pour devenir incontournable et pourquoi diriger la lutte antiterrorista dans le Sahel, región lointaine pourtant du royaume. La fermeture des frontières avec l’Algérie étrangle des régions entières privant des populations de juteux revenus générés par la contrebande. Ce sont tous ces faits qui ont poussé les responsables marocains à recourir à des ataques contre le voisin de l’est dont les responsables refusent de descendre au niveau de la  » Bête blessée « . Le Ministre de la communication, Mustapha El Khalfi, s’en est pris à la presse algérienne qu’il a qualifiée de porte-parole du gouvernement algérien. Évidemment,la presse de son pays est plus libre selon lui.
Ce sont les déclarations du directeur de l’office algérien de lutte contre la drogue que n’ont pas digéré les responsables marocains. En effet, Mohamed Benhella, le Chef de cet office avait déclaré lors d’une reunión tenue, lundi dernier, que 95,5 tonnes de chanvre indien ont été interceptées par les services de sécurité algériens durant le premier trimestre 2014. Durant la même période en 2013, 70 tonnes ont été saisies. 
Cette sortie a déplu aux ministres de sa majesté qui ont vite fait de faire feu de tout bois. La réalité est pourtant là, des centaines de tonnes de drogue marocaines entrent en Algérie. Tout le monde sait cela, mais au lieu de lutter contre la culture de ces poisons, les ministres marocains préfèrent monter les enchères et rappeler que les superficies de culture de drogue ont diminué. Le ministre marocain de l’intérieur, Mohammed Hassad, a fait cette déclaration assez bizarre : « cette déclaration est curieuse venant d’Alger car notre voisin est en charge de la commission sectorielle chargée de la lutte contre le trafic de drogue au sein de l’Union du Maghreb Arabe « . Quand le Maroc traverse une crise financière et des déboires de politique internationale, les ministres de sa majesté cherchent à s’en prendre à l’Algérie pour faire oublier à la population qu’ils sont les seuls responsables de la débâcle.
Mercredi dernier, deux ministres (intérieur et communications) sont montés au créneau pour accuser Alger d’être derrière les malheurs du royaume. Le Ministre de l’intérieur marocain veut ainsi reprocher aux autorités algériennes d’avoir dénoncé les quantités de drogues qui entrent par les frontières ouest. Le premier policier marocain aurait souhaité que les Algériens concernés par ce problème entrent directement en pourparlers avec leurs homologues de rabat pour trouver une solution. Du coup, si la drogue entre toujours dans notre pays, c’est surtout la faute aux responsables algériens qui n’ont pas cherché à trouver une solution négociée avec leur voisin de l’ouest. Cela veut dire aussi que le royaume cultive un produit légal et coté en bourse.
Des remarques similaires ont été formulées par de nombreux pays européens, mais cette fois les ministres de sa majesté avaient plutôt opté pour l’aplaventrisme, rassurant leurs homologues du Nord que les superficies dédiées au chanvre indien sont en train de diminuer.
Lors de la conférence de presse tenue à rabat mercredi dernier, le ministre de l’intérieur, Mohamed Hassad, ose rappeler que les surfaces de cultura de cannabis sont passées dans le royaume de 137 000 hectares à juste 47 000 hectares.  » A terme, nous comptons ramener ces superficies à moins de 30 000 hectares « , affirme le ministre de l’intérieur marocain.
M. B.
La Tribune des Lecteurs, 18/08/2014
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