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Accusations marocaines contre l'Algérie – Trop, c'est trop!

Par Mohamed TOUATI
L’Algérie réprouve fortement cette nouvelle provocation politiquement motivée et qu’elle déplore profondément.
Que peut-on espérer d’un souverain dont le pays est le premier producteur de cannabis dans le monde? D’un pays accablé par des rapports d’organisations internationales et onusiennes de défense des droits de l’homme qui l’accusent de pratiquer la torture. D’un pays dont la justice traduit des civils devant des tribunaux militaires? D’un roi qui conteste au peuple sahraoui le droit de s’exprimer librement pour son indépendance dans le cadre d’un référendum organisé par l’ONU? Le costume de donneur de leçons qu’il ambitionne de se tailler, sied mal au monarque alaouite qui traîne toutes ces casseroles.
En plus des allégations que les médias qui lui font carpette sont chargés de colporter. Mohammed VI doit se calmer. Son ambassadeur a été chargé de lui transmettre le message de l’Algérie qui lui recommande de mettre fin à ses provocations à tout-va et incessantes. Reste à savoir maintenant s’il sera attentif à ces conseils d’un pays «frère et ami» qu’il a décidé de diaboliser coûte que coûte. Alger garde son sang-froid malgré tout et lui répond fermement tout en respectant les règles qu’exige toute diplomatie qui fait d’un pays une nation civilisée. «L’ambassadeur du Royaume du Maroc a été convoqué, hier mercredi, 29 janvier, au ministère des Affaires étrangères, où il a été reçu par le secrétaire général, M.Noureddine Aouam, qui lui a fait part du ferme rejet par le gouvernement algérien des allégations dénuées de tout fondement invoquées par la partie marocaine au sujet de prétendues expulsions par les autorités algériennes de ressortissants syriens vers le territoire marocain», a indiqué Amar Belani, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères.
Le pouvoir marocain qui avait entamé sa campagne de diabolisation en lançant une première intox qui faisait mention d’une expulsion de 27 Syriens mardi dernier, avait fait fi de la réaction algérienne. «Les GGF ont refusé l’accès sur le territoire national à des réfugiés syriens que les autorités marocaines voulaient expulser vers l’Algérie», avait expliqué le colonel Boualleg Mohamed, chef du groupement de la Gendarmerie. Encore mieux: ils sont revenus à la charge en arguant qu’ «après les 27 réfugiés syriens, dont 11 enfants, refoulés par l’Algérie vers le Maroc, mardi dernier, 40 autres Syriens ont vécu le même sort dimanche dernier…» a rapporté la presse marocaine. Pour clore le tout, l’ambassadeur d’Algérie à Rabat a été convoqué au ministère marocain des Affaires étrangères et de la Coopération pour lui faire part de la «forte désapprobation» du Maroc. La réaction algérienne est cette fois-ci plus vigoureuse. «L’attention du diplomate marocain a été attirée sur le fait que l’Algérie réprouve fortement cette nouvelle provocation politiquement motivée et qu’elle déplore profondément cette tentative supplémentaire et gratuite de crispation d’une relation qui a déjà connu un sérieux dommage le 1er novembre dernier, lors de l’agression contre l’enceinte consulaire algérienne à Casablanca», s’est indigné le porte-parole du MAE, Amar Belani qui a indiqué qu’il a été rappelé à l’ambassadeur marocain que «l’Algérie assume pleinement ses responsabilités dans le cadre du bon voisinage, malgré la charge importante qu’elle supporte depuis des années, en raison du nombre croissant d’immigrants subsahariens refoulés par les autorités marocaines vers son territoire».
Comme il a été signifié au diplomate de notre voisin de l’Ouest que: «L’Algérie n’a certainement pas besoin de donneurs de leçons, lorsqu’il s’agit de manifester concrètement sa sollicitude et à son attention soutenue à l’égard des ressortissants syriens qui se trouvent sur son territoire, en tant qu’invités du peuple algérien qui les a accueillis spontanément avec sa générosité et son hospitalité coutumières», conclut le communiqué du MAE.
La balle au centre dirait-on en langage sportif. Au Maroc, de démontrer qu’il en possède l’esprit.
L’Expression, 30/01/204
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